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Embarquement
immédiat pour un voyage dans le temps, une croisière sur
le Nil, entre Louxor et Assouan. Dans la fournaise du désert, le
ruban magique dévoile un musée à ciel ouvert. Pharaonique.
Allongés sur les transats du pont supérieur,
on s'abandonne au soleil égyptien. La campagne défile, avec
ses maisons de briques enfouies sous les palmiers dattiers. Entre le désert
de sable et le ruban de verdure né du Nil, le contraste est frappant.
Les fellahs (paysans) courbent le dos dans les champs. Les femmes, drapées
de noires melayas (amples tuniques), rassemblent le henné en fagots.
Ibis blancs, vaches et buffles paressent le long des canaux d'irrigation,
pas le moins du monde effarouchés par notre bateau. Voilà plus
d'un siècle qu'un flot de voyageurs se presse sur ce même ruban
magique.
Les escales mythiques se succèdent : les temples de Louxor, capitale
pharaonique, dévoilent un dédale de sanctuaires, d'obélisques
et de chapiteaux fleurissant en forme de lotus ou de papyrus... En face, la
montagne thébaine abrite les demeures d'éternité des
Pharaons, Ramsès II, Néfertari ou Toutankhamon. En amont, les
temples d'Esna, Edfou, Kom Ombo et Philaé déroulent leurs dentelles
de hiéroglyphes, dans des salles hypostyles écrasées
par le gigantisme des colonnes. L'histoire donne le tournis.
Sur les ruines grandioses de la civilisation pharaonique, le peuple égyptien
continue d’inscrire son présent. Dans les ruelles de Louxor,
sur la terre battue du souk, la foule dense chaloupe, happée par la
harangue des marchands, au milieu des étals de cotonnades, de bijoux
d'or et d'argent, d'épices…
Assouan s’annonce, dernière escale avant les cataractes du Nil.
Ecrivains, politiciens, stars de cinémas… Tous se donnaient rendez-vous
au palace Old Cataract d'Assouan. Les terrasses privées ouvrent sur
l'un des plus beaux paysages offerts par le Nil, un labyrinthe de rochers
gris, d'îlots granitiques et de collines de sable. A l'heure où le
soleil couchant jette ses derniers feux sur ce théâtre naturel,
la légère brise du soir gonfle les voiles blanches des felouques,
qui viennent glisser en silence sur le Nil. Magique.
Texte
Guylaine IDOUX - Photos Matthieu COLIN ©
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